gallo

Le galo qhi q'c'et don ? Le gallo, qu'est-ce que c'est ?

Le gallo est l’une des deux langues « historiques » de la Bretagne avec le breton. Ni patois, ni dialecte, le gallo est une langue romane issue du latin populaire qui fait partie de l’ensemble dit « des langues d’oïl » (tout comme le français, le picard, le normand, le jerriais…).

La culture gallèse orale est très riche de devinettes, d’expressions, de dictons, de contes, etc.

Langue jusqu’alors essentiellement transmise oralement, la littérature écrite en gallo s’est considérablement enrichie depuis une vingtaine d’année. On peut désormais lire de la poésie, du conte, du théâtre et même les aventures de Tintin ou d’Astérix en gallo!

Le gallo est une langue bien vivante qui reste pratiquée au quotidien par 5 à 10% de la population de Haute Bretagne et comprise par le double. Néanmoins la population gallésante est vieillissante et le gallo est classé par l'UNESCO parmi les  langues sérieusement en danger. Il devient urgent d’encourager la transmission de la langue pour la sauvegarder.

En 2004, le Conseil Régional de Bretagne a reconnu officiellement, aux côtés de la langue française, l'existence du breton et du gallo comme « langues de Bretagne » et développe une politique « volontariste » en ce sens.

Le Conseil Général 35 a placé la langue et la culture gallèse parmi ses priorités depuis 2007 et les met en avant l'encouragement de « l'enseignement ».

Le galo, dede you q'ça vient ? Le gallo, ça vient d'où ?

La langue gallèse ne date pas d'hier! Petit retour sur l'histoire et les origines du gallo :

Entre le Ier et le IIIe siècle, le latin populaire se répand en Gaule par l'intermédiaire des soldats et des commerçants. Il subit des influences des substrats linguistiques et des invasions successives. Au fil des siècles, on commence à distinguer les langues d'oïl au nord et les langues d'oc au sud de la Gaule. En Bretagne, le breton, langue celtique, s'implante dans la région suite à l'arrivée des Bretons de la Bretagne insulaire à partir du Ve siècle. La coexistence des langues bretonnes et gallèse est attestée, dans les archives, depuis le Moyen-Âge.

Le terme gallo proviendrait du mot celtique « gall » qui désigne celui qui utilise une langue romane ou qui ne parle pas la même langue que les bretonnants. A partir du IXe siècle, une frontière linguistique avec le breton se dessine (ou plutôt un « talus » qu'il est facile d'enjamber pour passer d'une langue à l'autre) et se fixe au fil des siècles sur une ligne allant de Plouha à Vannes. On parle, par conséquent, le gallo dans les moitiés Est des actuels départements du Morbihan et des Côtes d'Armor, dans toute l'Ille et Vilaine et la Loire Atlantique.

Jusqu'à la mise en place de l'enseignement obligatoire pour tous par Jules Ferry en 1882 et le chamboulement des sociétés qui a suivi les deux guerres mondiales, le gallo, comme la plupart des langues régionales, était la langue de communication principale de la population de Haute Bretagne. Le français, quant à lui, n'était vraissemblablement parlé que par les élites ou les bourgeois des grandes villes. Le changement de langue s'est effectué de la première guerre mondiale aux années 1950 d'abord, dans les villes puis progressivement et, jusqu'à nos jours, en milieu rural.

Le « patois », signe d'un monde ancien, d'une culture de plouc, était souvent vu comme un héritage qu'il fallait à tout prix abandonner pour favoriser la progression sociale de ses enfants. Aujourd'hui, en Bretagne, le gallo comme le breton ne sont plus parlés par la majorité de la population.

En parallèle au réveil du mouvement culturel breton des années 1970, une poignée de militants fonde l'association Les Amis du Parler Gallo  en 1976 qui deviendra par la suite Bretagne Gallèse puis Bertaeyn Galeizz et Bertegn Galezz . En 1977, le gallo est intégré à la Charte Culturelle Bretonne signée par le président Giscard d'Estaing. Cette charte marquera la première reconnaissance officielle du gallo et autorisera son enseignement. Depuis lors, on constate un intérêt croissant et un regain de vitalité en faveur de la langue gallèse. En 2004, Le Conseil Régional de Bretagne reconnaît officiellement à l'unanimité « l’existence du breton et du gallo comme langues de la Bretagne aux côtés du français ». En 2007, le conseil général d'Ille et Vilaine place la langue et la culture gallèses dans ses priorités. Le gallo a désormais sa place dans les médias : journaux (L'hebdo d'armor, Ouest France, Le courrier indépendant) et radio. Plum'FM, radio associative morbihannaise propose une douzaine d'heures hebdomadaire en gallo à ses auditeurs!

Source : Le galo, qhi q'c'ét don ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le gallo, A. Pelhate, Le temps éditeur, 2011.

Combien de personnes parlent le gallo?

Selon un récent sondage réalisé en 2014 par l'association Bretagne Culture Diversité et une étude réalisée par L'université Rennes 2 en 2002, 5 à 10% des habitants de Haute Bretagne parlerait le gallo et le double le comprendrait avec des chiffres allant jusqu'à 17% en Ille-et-Vilaine.

gallo.txt · Dernière modification: 2016-03-03 14:39 par nanon

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